Le lieutenant Andrew Tyler (Matthew
McConaughey), en permission avec ses compagnons, est fort déçu en
apprenant qu'il n'est pas nommé commandant d'un navire. Son supérieur,
Mike Dahlgren (Bill Paxton), a refusé de donner son approbation, ne
jugeant pas son second déjà apte à prendre le commandement d'un
sous-marin. Mais le jeune officier n'a guère le temps de ruminer sa
rancoeur, car tous l'équipage du S 33 est appelé d'urgence à bord pour
une mission spéciale. Un message de détresse d'un sous-marin allemand,
le U 571, a été intercepté. Les services de renseignements américains
espèrent faire passer leurs marins pour une équipe de secours, afin de
s'emparer de la chiffreuse Enigma, qui livrerait aux alliés la
traduction de tous les messages codés échangés par les unités nazies...
Après avoir tourné "Breakdown",
un thriller dégraissé de toute psychologie, Jonathan Mostow aborde un
sujet beaucoup plus riche, celui de l'initiation au commandement d'un
officier jugé non capable d'assumer les choix souvent douloureux qui
incombent au responsable d'un équipage. Evidemment, le scénario, fondé
sur des faits authentiques (tout au moins dans sa base), va permettre à
Andrew de faire éclore ce qu'il a dans les tripes. Comme il se doit
dans ce type d'oeuvre évoluant en espace confiné, ("K
19", "Le Bateau", "A
la poursuite d'Octobre rouge", "USS
Alabama"...), les séquences dramatiques ne font pas défaut.
Pas plus, d'ailleurs, que les dilemmes cornéliens qui s'invitent
inéluctablement. Les confrontations entre les combattants invisibles ne
manquent pas d'intensité dramatique. La claustrophobie finirait même
par gagner le spectateur, tant cette course contre la montre et la mort
en espace confiné devient de minute en minute plus angoissante. Si les
séquences des grenades sous-marines sont éprouvantes nerveusement pour
celui qui visionne le spectacle, tranquillement assis dans son
fauteuil, on peut imaginer ce que ressent le matelot coincé dans son
cercueil d'acier à 150 m sous la surface !
Sur le plan psychologique, l'efficacité est nettement moins évidente.
L'observation des tempéraments est assez rapidement submergée par
l'avalanche des événements physiques, et le cheminement intérieur de
chacun (avec ses pics de bravoure, de sacrifices, de soumission...)
emprunte des chemins balisés, sans rechercher richesse ou originalité.
Malgré quelques erreurs de script (l'une des hélices ne fonctionne
plus, mais, quelques minutes plus tard, on voit les deux hélices
fonctionner normalement...), l'ensemble se montre aussi haletant que
réaliste.
Bernard
Sellier