Sean Murphy (Gabriel Byrne)
est un chasseur d'épaves. En compagnie de Maureen Epps (Julianna
Margulies), Dodge (Ron Eldard), Greer (Isaiah Washington), Santos (Alex
Dimitriades), il sillonne les océans sur son navire, l'"Arctic
Warrior", à la recherche de navires abandonnés. Un jour, un pilote,
Jack Ferriman (Desmond Harrington) lui fait part de sa découverte
aérienne d'un bateau et le pousse à partir en quête de cet éventuel
trésor. L'équipage accepte. Ils découvrent avec stupeur qu'il s'agit
d'un paquebot, l'"Antonia Grazia", disparu depuis 1962, sans avoir
jamais envoyé de message de détresse. Dès leur montée à bord,
d'étranges phénomènes se produisent...
Le film
s'ouvre sur une scène assez étonnante, dont le charme magique le
dispute à l'horreur. Puis on plonge dans du plus traditionnel.
Assemblage de séquences qui distillent assez habilement et efficacement
l'angoisse, mixage présent passé, importance des bruits, des flashes
visuels, des suggestions, et, bien sûr, élimination programmée de bon
nombre de participants... Tous les ingrédients classiques sont là,
agencés avec une intelligence certaine, et servis par des acteurs
convaincants. Gabriel Byrne, le visage ravagé, se fond parfaitement
dans le groupe. Certains passages (la soirée dansante, la jeune Katie
Hargrove, la captation des âmes) évoquent le souvenir de "Shining", mais ici, l'accumulation voulue de scènes
choc emporte l'oeuvre vers l'horreur gore traditionnelle, plutôt que
vers la descente aux enfers psychologique dans laquelle nous entraînait
Stanley Kubrick.
Le
rationalisme fond au fur et à mesure que l'histoire avance, le
"surnaturel" gagne du terrain à chaque minute, la vraisemblance et la
logique deviennent obsolètes et, malgré l'accumulation de plus en plus
insistante de "procédés" terrorisants, le spectateur se laisse porter
par ce drame intemporel dont certaines images s'imprègnent durablement
dans la mémoire. De plus, le décor unique du paquebot est utilisé avec
ingéniosité dans ses différents recoins et composants.