1939.
La Grande Bretagne vient d'entrer en guerre contre l'Allemagne. Le
Colonel Roy Cronin (Robert Taylor) doit rejoindre son unité. En
traversant le pont de Waterloo, il se remémore avec mélancolie l'a
passion qu'il a vécue vingt-cinq ans plus tôt. Au début de la première
guerre mondiale, le Capitaine Cronin rencontre, lors d'une alerte, une
jeune danseuse, Maria Lester (Vivien Leigh), qui fait partie de la
troupe d'Olga Kirowa (Maria Ouspenskaya). Immédiatement c'est le coup de foudre. Au
point que le militaire décide d'épouser immédiatement la jolie
ballerine. Malheureusement, le départ précipité pour le front empêche la réalisation du mariage...
Deux avant le poignant et romantique "Prisonniers du Passé",
Mervyn le Roy donnait naissance, avec cette oeuvre, à une merveille
d'émotion et de sensibilité. Les amours tourmentées de Paula et de John
Smith étaient ponctuées de rebondissements dramatiques que
l'on pouvait qualifier de légèrement "exagérés", même si le charme
opérait sans peine. Ici, la sobriété de l'histoire est extrême, et ce
dégraissage renforce encore, s'il était possible, le drame intérieur
vécu par ces amants d'un jour, condamnés par le destin ou par leur
psyché, suivant l'interprétation que chacun donnera des événements.
Déjà une danseuse, déjà un militaire. Mais quel couple ! Illuminés par
leur amour autant que par la puissance des émotions qui les habitent,
Robert Taylor, l'officier intrépide, énergique, dont le coeur fond
devant la grâce féminine, et Vivien Leigh, concentré de flamme, de
fragilité et de résignation, sont tout simplement transcendants et
inoubliables. Après une première partie radieuse, exubérante, qui
étincelle de vie, la suite glisse inexorablement, sans pathos, sans
effets tire-larmes, vers un abîme dans lequel amour, droiture, remords,
impuissance et culpabilité se fondent à jamais.
Une sorte de perfection dans l'épure émotionnelle...