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" Vanilla  Sky ",       2001,

de : Cameron  Crowe,

avec : Tom Cruise, Penelope Cruz, Cameron Diaz, Kurt Russell, Tilda Swinton, Jason Lee, Timothy Spall,

Musique : Cameron  Crowe, Paul  McCartney

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    David Aames (Tom Cruise) a perdu ses parents voici une dizaine d'années et a hérité de l'empire financier créé par son père. Il en possède 51%, les 49 autres appartenant à un groupe de sept administrateurs (les "7 nains"). Beau, riche, sympathique, David n'a aucun mal à collectionner les conquêtes. Présentement, il est amoureux de la blonde Julianna 'Julie' Gianni (Cameron Diaz). Mais, au cours de sa soirée d'anniversaire, son ami Brian Shelby (Jason Lee) lui présente Sofia Serrano (Penelope Cruz), et c'est le coup de foudre. Cela n'est guère du goût de Julie qui précipite sa voiture d'un pont, provoquant sa propre mort et le coma de David. Lorsque celui-ci, défiguré, émerge du noir, il se retrouve accusé de meurtre et emprisonné. Un psychiatre, le docteur Curtis McCabe (Kurt Russell) tente de démêler l'écheveau...

    Inspirée directement du film d'Alejandro Amenabar, "Ouvre les yeux", sorti 4 ans plus tôt, l'oeuvre, après quelques plans de plongée verticale sur les buildings de New-York, s'ouvre sur ces mots. Je n'ai, à ce jour, pas encore vu la version inspiratrice qui semble, tant pour les critiques que pour le public, supérieure à l'adaptation effectuée par Cameron Crowe. De fait, celle-ci laisse passablement perplexe. Un sujet passionnant, sorte de "Total Recall" à la puissance quatre, dans lequel se télescopent quelques thèmes majeurs de la dramaturgie futuriste : cryogénisation, traumatismes mémoriels, manipulation des couches profondes de la conscience, dédoublement de la personnalité, pouvoir de l'imaginaire, limite fragile entre l'actualité et la réalité... Tout cela est mélangé, mixé de mille et une manières dans ce thriller qui mène la vie dure à la logique dite cartésienne, et demande au spectateur une implication profonde pour ne pas se perdre dans les méandres du récit. Après un début classique, et un passage à vide qui suit l'accident, l'histoire bascule dans un dédale vertigineux dont David, pas plus que le spectateur, ne sortent indemnes. Le réalisateur joue avec les émotions, les événements, les suggestions, comme avec des bulles de savon aussi éphémères que dérisoires. Ces sauts incessants entre les différentes apparences, ce perpétuel ballottement entre illusion, réalité, accroissent l'artificialité d'un jeu factice tandis que l'authenticité dramatique fond comme neige au soleil. 

    Le résultat donne l'impression d'un jeu vidéo dans lequel les composantes psychologiques prendraient la place des  combattants ou ennemis virtuels. L'ensemble est incontestablement brillant, parsemé de moments intenses et flippants, illuminé par la grâce fragile de Penelope Cruz qui, d'ailleurs, tenait le même rôle dans le film d'Amenabar, incarné de manière fort convaincante par Tom Cruise, tour à tour bellâtre et monstre, mais tire trop sur la corde du factice pour emporter pleinement l'adhésion.     

Bernard  Sellier               

 

 

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