Martin Bells (Ewan McGregor)
est l'ami de James Gallman (Josh Brolin) et le fiancé de Katherine
(Patricia Arquette. Pour payer sa dernière année de droit, il accepte
un poste de veilleur de nuit à la morgue de l'hôpital. Celle-ci a
mauvaise réputation à cause de faits macabres qui s'y seraient déroulés
des années auparavant. Présentement, un tueur de jeunes femmes sévit.
L'inspecteur Thomas Cray (Nick Nolte) mène une enquête difficile...
Excellente surprise que ce thriller à l'histoire classique (le tueur en
série), mais à l'atmosphère relativement originale, où le malaise règne
en maître, et au cheminement redoutablement efficace. Steven Soderbergh
a d'ailleurs écrit conjointement le scénario avec le réalisateur.
L'oppression est d'autant plus puissante qu'elle ne naît pas uniquement
de la trame basique originelle. Dans ce type de drame, il est courant
de créer une opposition criante entre le côté lumière, ordinairement la
vie tranquille et sereine du héros, et le côté obscurité dans lequel
sévit l'assassin. Ici, Bornedal a choisi délibérément de répandre
noirceur et perfidie dans les deux aspects de la vie de Martin. La
nuit, c'est le domaine de la peur, de la solitude, des bruits
mystérieux, de l'éventualité des horreurs les plus inimaginables. Les
salles froides, désertes, où gisent cadavres et organes en
conservation. Mais le jour, ce n'est pas mieux. James, l'ami, est en
effet un inquiétant personnage qui joue sa vie, manipule autrui et se
met en quête des défis les plus fous susceptibles de lui rendre sa
faculté de jouissance. Cette double voie où la réalité se mêle à
l'imaginaire, au doute et à l'artifice le plus sordide, est explorée
par une mise en scène inventive et dont l'intensité ne faiblit jamais,
jusqu'à une conclusion, certes classique, mais véritablement haletante.
Du très efficace et du bien flippant.