Jason
Bourne (Matt Damon),
est plus que jamais décidé à comprendre ce qui lui est arrivé, et
la raison pour laquelle il est pourchassé par la CIA de manière aussi
acharnée. Repéré à Moscou par les services secrets russes, il est
ensuite pisté à Londres où il rencontre un journaliste, Simon
Ross (Paddy Considine), qui semble avoir reçu à Turin, d'un mystérieux
informateur, des renseignements sur le programme secret cause de ses
malheurs. Mais le sous directeur de la CIA, Noah Vosen (David
Strathairn) est bien décidé à éliminer coûte que coûte l'ancien agent
trop curieux...
Réalisé par le même auteur que le précédent opus "La Mort dans la peau",
on retrouve ici exactement le même style et les mêmes "qualités" : à
savoir un montage épileptique, un raz de marée de plans dont le plus
long doit avoisiner les six secondes, une lisibilité des scènes
d'action souvent mise à mal tant l'oeil a de la difficulté à suivre les
images clipesques qui se bousculent sur l'écran, et une musique souvent
infernale. Cela constaté, est-ce dû à une réceptivité plus
tolérante, à une urgence qui transpire de chaque séquence, à un enjeu
plus clairement défini, au fait que l'on sent l'approche d'une
révélation espérée, toujours est-il que ce (dernier ?) volet passe
beaucoup mieux que le précédent et provoque même un rognage d'ongles effréné,
tant la frénésie du héros gagne le spectateur scotché devant cette
avalanche de hargne et de courses poursuites d'anthologie (celle de
Tanger, par exemple). Certes, le dénouement laisse un peu sur sa
faim, et, une fois le calme revenu à la suite du générique, il faut
reconnaître que tout cet embrouillamini exalté,
mais globalement assez impersonnel, ne laissera sans doute pas un
souvenir très net au milieu des dizaines d'autres thrillers du même
genre. D'autant plus que le choix de Matt Damon pour incarner ce
super-combattant laisse perplexe... Cela n'empêche pas que l'on sent
souffler ici le typhon d'une
aventure souvent tétanisante.
> Le film sur IMDB.com