Cinq jeunes Français
entreprennent une randonnée dans une via ferrata de Croatie. Fred
(Nicolas Giraud) et son amie Karine (Maud Wyler) sont les meneurs du
groupe. La jeune Chloé (Fanny Valette), en compagnie de son nouveau
copain, Loïc (Johan Libéreau), est assez désagréablement surprise de
voir dans le groupe son ancien compagnon, Guillaume (Raphaël Lenglet).
Mais la tension psychologique cède vite la place aux embûches physiques
de l'escalade qui se révèle de plus en plus périlleuse...
Toute la première partie de l'aventure semble préparer le spectateur à
un règlement de compte interne ou tout au moins à une épreuve
initiatique au sortir de laquelle les personnalités relativement
caricaturales du départ afficheraient leurs qualités humaines authentiques . Le tout dans un décor aussi superbe qu'impressionnant, à l'instar de "Randonnée pour un tueur" ou de "Cliffhanger".
La caméra, aidée par l'implication physique des acteurs (il paraît que
très peu de trucages ont été utilisés), réussit à donner une troublante
sensation de vertige et un sentiment de panique, qui sont d'un
excellent augure pour une suite que l'on espère plus spectaculaire
encore. Mais, à mi-chemin, après avoir caché son jeu avec soin, le
scénario bifurque brutalement dans le domaine balisé du gore, avec son
indigène obligé, grand amateur de chair fraiche devant l'Eternel. C'est
alors un revirement complet qui s'opère, peuplé de cris, de poursuites
nocturnes (assez habilement filmées), de luttes sauvages. Bref, de
toute la panoplie qui se renouvelle à chaque fois que de jeunes
godelureaux s'aventurent sur les terres des demeurés de tous poils ("Détour mortel", "Wolf creek", "Calvaire"...).
Cette cassure laisse perplexe. Car les personnages, plus que falots à
l'origine, mais dont on espérait voir approfondir les composantes
psychologiques, se voient réduits à l'état de proies basiques. Quant
aux péripéties dramatiques, elles n'apportent rien de nouveau par
rapport aux centaines qui les ont précédées dans les classiques du
genre.
Une juxtaposition des thèmes qui est négociée avec une brutalité
contestable. Il n'en demeure pas moins que l'ensemble recèle des
qualités cinématographiques indéniables.