Cristina (Scarlett Johansson) et Vicky
(Rebecca Hall), deux jeunes amies Américaines, viennent passer leurs
vacances sous le soleil de Barcelone. Elles font rapidement la
connaissance d'un jeune artiste peintre, Juan Antonio (Javier Bardem),
qui vient de vivre une rupture très violente d'avec sa femme, Maria
Elena (Penelope Cruz). Immédiatement, Juan est séduit par les jeunes
filles et leur propose de l'accompagner pendant un week-end à Oviedo,
pour visiter la ville et faire l'amour. Vicky, fiancée à Doug (Chris
Messina) est choquée de cette invitation directe, mais Cristina n'y est
pas insensible..
Pour son nouveau film, Woody Allen nous emmène faire un petit tour dans
la vivante cité de Barcelone. Délaissant cette fois-ci son humour et
sa dérision, il se contente d'observer avec une légèreté grave, un
détachement empreint
de
résignation et (peut-être) d'une certaine forme de sagesse, les
errements sexuels, mentaux et psychiques de la personnalité humaine, le
plus souvent incapable de connaître avec justesse ses besoins et ses
désirs. Si Juan semble ferme dans son choix assumé du "carpe
diem", Cristina (qui sait ce qu'elle ne veut pas) et Vicky (qui
croit savoir ce qu'elle veut), explorent avec difficulté les chemins
inconnus qui s'offrent à elles.
Le ton (assez) libre qu'adopte Woody Allen surprend agréablement, de
même que le quatuor dont nous suivons
quelques
menus instants de vie prélevés sur un parcours qui conduit
inéluctablement à la mort. Il n'en demeure pas moins que le scénario
est d'une minceur notoire, que les dialogues sont d'une relative
banalité, et que les situations ne brillent guère par leur
originalité. On a parfois l'impression de se retrouver au sein d'un
croquis d'Eric Rohmer, avec une masturbation intellectuelle qui serait,
par bonheur, régulièrement interrompue grâce à l'éruptivité
volcanique ibérique d'un Juan merveilleusement incarné par Javier
Bardem. Merci au réalisateur et à son goût pour les séquences
brèves !
Heureusement
que Penelope Cruz introduit dans la seconde moitié une dose de piment
hystérique, car, sans elle, l'ensemble, même agrémenté des quelques
décors magiques que recèle Barcelone, ne laisserait guère de marques
dans le souvenir.