Momo
(Benoît Magimel) est un ado turbulent qui vit avec sa demi-douzaine de
frères et soeurs dans la famille de Monsieur (Maurice Mons) et Madame
(Christine Pignet) Groseille. Son occupation principale est de piquer
les sacs à main des vieilles dames. Dans la même ville, mais au coeur
du quartier chic, habite la famille Le Quesnoy et leur fille Bernadette
(Valérie Lalande). Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes
si un grain de sable ne se glissait dans la roue du destin. Ecoeurée de
se voir sans cesse rejetée par son amant, le docteur Mavial
(Daniel Gélin), l'assistante de celui-ci révéle que, lors de la
naissance de Momo et de Bernadette, elle a échangé les nourrissons...
Première oeuvre marquante d'Etienne Chatiliez, qui contient en
germe tous les ingrédients et choix stylistiques du réalisateur de
"Tanguy" et de "Tatie Danielle".
A savoir des caricatures bien
affirmées avec des traits qui ne font que rarement appel à la
finesse. Les résultats sont souvent efficaces à défaut d'être subtils.
La famille Groseille est composée de trognes mémorables, avec en prime
un pater familias totalement abruti, mais, heureusement, un Momo plus
nuancé, incarné avec une certaine grâce par un tout jeune Benoît
Magimel. Du côté des Le Quesnoy, c'est l'exact opposé. Madame et
Monsieur rivalisent de constipation et se donnent du "vous" à tour de
langue. Le principal handicap du film vient de la seconde partie qui
s'apparente à un brouillon inachevé. En effet, si la première moitié se
montre assez équilibrée, se partageant entre les trois pôles : Mavial,
Groseille, Le Quesnoy, la suite semble errer sans direction précise
pour se clore d'une manière abrupte et frustrante. On a l'impression
que le réalisateur, à l'aise dans le parcours caricatural du début, ne
savait pas trop comment négocier une suite qui demandait manifestement
un rééquilibrage et un affinage des psychologies.
Une semi réussite.