Vincent (Yves Montand) dirige
une petite entreprise de mécanique de précision. Il vit avec Marie
(Ludmilla Mikael). Son épouse, Catherine (Stéphane Audran) demande le
divorce. Il cherche auprès de ses amis, Paul (Serge Reggiani) et
François (Michel Piccoli), des témoignages susceptibles de l'aider dans
cette épreuve où il a quasiment tous les torts. François, de son côté, vit une
relation de couple difficile avec sa femme Lucie (Marie Dubois). Quant
à Paul, il oublie dans l'alcool l'impossibilité de terminer le roman
qu'il a commencé plusieurs années auparavant. Jean Lavallée (Gérard
Depardieu) espère monter sur le ring et affronter un adversaire à sa
mesure...
Entouré d'une équipe d'acteurs aussi riche qu'épatante,
Claude Sautet nous offre un mini tableau psycho-sociologique dans le
style convivial, vivant et discrètement mélancolique qui a fait son
succès dans les années 80. Les bruyantes réunions amicales s'opposent
aux solitudes individuelles, donnant à l'ensemble une humanité tantôt
brouillonne, tantôt intimiste et viscérale. Certes, le scénario est
relativement lâche. Le spectateur suit, pendant quelques semaines, les
chemins vitaux de quelques personnages entrevus succintement. C'est une
des limites de ce genre narratif, qui survole un court laps de temps
dans lequel s'implantent quelques événements universellement
expérimentés. On se sent à la fois proche des individualités et , le
film terminé, assez oublieux de leurs déconvenues ordinaires. C'est un
cinéma talentueux, servi par des acteurs rayonnants de naturel, mais au
bout du compte assez superficiel.
Sur un plan strictement
anecdotique, il est intéressant de constater qu'il n'y a pas un seul
plan du film sans que les personnages aient une cigarette au bec. A
croire que les producteurs ont été financés par les multinationales de
la clope ! Stupéfiant...
Bernard
Sellier