Jacquouille
la Fripouille (Christian Clavier) ayant, par sournoiserie, renvoyé dans
les temps moyen-âgeux son descendant, Jacques-Henri Jacquard, les
couloirs du Temps n'ont pas été convenablement refermés. Alors que
Godefroy de Montmirail (Jean Reno) s'apprête à convoler en justes noces
avec sa bien aimée Frénégonde (Muriel Robin), un scandale éclate qui
impose le report sine die de la cérémonie : les bijoux et surtout la
relique de Sainte Rolande ont été dérobés au Duc de Pouilles (Patrick
Burgel), père de la promise ! Godefroy repart donc dans les temps
modernes à la recherche du trésor.
Malgré des gags plus ou moins fins, le premier volet des "Visiteurs"
était une bonne surprise. Découverte d'un scénario amusant,
relativement original, confrontation jouissive d'ancêtres et de
descendants englués dans leurs époques respectives, rythme soutenu,
effets spéciaux truculents, et, cerise sur le gâteau, la présence d'une
Frénégonde/Béatrice délicieusement campée par une Valérie Lemercier
désopilante.
Las ! Lors de ce deuxième opus, se reproduit le même phénomène
affligeant que pour "Taxi 2". La recette étant bonne,
le cuisinier veut nous resservir le plat. C'est légitime.
Mais au lieu d'en créer une mouture fraiche, il reprend le premier et,
pour masquer le goût d'avarié, l'assaisonne de moult épices et d'un
déluge de sauce. Résultat ? Une ingestion difficile et une digestion
plutôt laborieuse !
L'histoire est reprise quasiment inchangée, mais tout le contenu est
devenu énorme, boursouflé, tuméfié. Ce ne sont que va et vient
incessants, répétitifs, gags gras servis à la pelle ; le rythme se
transforme en agitation épuisante, les échanges verbaux se muent en
braillements parfois incompréhensibles, l'histoire se perd en méandres
aussi laborieux que filandreux, et cette overdose tous azimuts fait que
l'on se contrefiche totalement du destin de ces deux expatriés du
temps, jusqu'alors divertissants à défaut d'être franchement
sympathiques. L'apparition de Philippine (Marie Guillard), fille du
descendant de Godefroy, est la seule innovation positive du récit,
malheureusement polluée par une scène de mariage qui traîne en longueur.
Muriel Robin prend la suite de Valérie Lemercier avec talent, mais sans
l'égaler. Le rôle de Ginette (Marie-Anne Chazel) enfle au point de
devenir excédant, et le réalisateur, à l'instar de Béatrice poursuivant
sans répit Jacouille avec son bol de chocolat, tente désespérément
de faire ingurgiter au spectateur une mixture qui finit par
l'étouffer ! La "boule de merdasse" peut, à la rigueur, être hilarante
la première fois, drôle la seconde, mais au sixième service, elle
devient franchement cacateuse ! Et dire que le final laissait présager
une kyrielle de suites... Peut-être a-t-on échappé au pire !