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" Vivement  Dimanche ",     1983,

de : François  Truffaut, 

avec : Jean-Louis Trintignant, Fanny Ardant, Jean-Pierre Kalfon, Jean-Louis Richard, Caroline Sihol,

Musique : Georges  Delerue

*******

    

    Julien Vercel (Jean-Louis Trintignant) tient une agence immobilière dans le Var. Il a pour secrétaire une jeune femme brune, Barbara Becker (Fanny Ardant) et pour épouse, une petite blonde volage, Marie-Christine (Caroline Sihol). Un week-end, à la chasse, un homme bien connu dans la ville, Massoulier, est tué d'un coup de fusil de chasse. Julien, qui se trouvait non loin de là, est soupçonné par la police, puisqu'on retrouve ses empreintes sur la voiture du mort. Comble de malheur, Marie-Christine, qui s'était absentée quelques jours à NIce, rentre plus tôt que prévu, et se fait assassiner. Julien décide de se cacher, tandis que sa secrétaire mène une enquête difficile...

    Tourné en noir et blanc, cette oeuvre ultime de Truffaut est une sorte d'hommage divertissant et jubilatoire aux films "noirs" des années quarante. Elle est d'ailleurs tirée d'un roman de Charles Williams, "The Long Saturday Night". L'intrigue, tout comme son traitement, se partagent entre le sérieux (il y a un certain nombre de cadavres qui s'amoncellent, polar oblige !) et le fantaisiste léger. Le réalisateur donne constamment l'impression que les protagonistes "font" comme dans les "vrais" drames sombres, tout en ne croyant pas une seconde que l'irréparable peut survenir. C'est ce délicat mélange qui fournit d'ailleurs au récit un charme délicat et subtil. Fanny Ardant, véritable héroïne, se démène comme un grand diable, tour à tour mutine, spontanée, maladroite, médusée, tandis que Trintignant joue habilement les timides, dépassé par les événements et le souffle chevaleresque de sa secrétaire. 

    L'ensemble est agréablement rythmé, brillant, et ne se prend pas au sérieux. On sent le plaisir de ce réalisateur, qui a tant marqué le cinéma français, de  jongler avec les apparences, les jeux d'ombres, de lumières, les faux-semblants et les hypocrisies. L'histoire se clôt sur une belle phrase que n'aurait pas reniée Bertrand Morane (Charles Denner), dans "L'homme qui aimait les femmes". Divertissant et fort sympathique.  

Bernard  Sellier               

 

 

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