Jonathan Rivers (Michael
Keaton) est architecte. Divorcé depuis plusieurs années de Jane (Sarah
Strange), avec laquelle il a eu un fils, Mike (Nicholas
Elia), il s'est remarié avec une femme écrivain, Anna
(Chandra West) qui lui annonce un jour sa grossesse. Mais, le jour même
elle disparaît. Ce n'est que plusieurs semaines après qu'elle est
retrouvée morte. Jonathan est contacté par un homme étrange, Raymond
Price (Ian McNeice), qui, depuis plusieurs décennies enregistre des
voix ou des images en provenance de personnes décédées. Il affirme en
avoir reçu d'Anna. D'abord sceptique, Jonathan se rend tout de même
chez lui et assiste à des phénomènes plus que troublants. Il fait
également la connaissance de Sarah Tate (Deborah Kara Unger), qui
reçoit régulièrement des messages de son fiancé décédé. Mais Raymond
meurt et Jonathan s'aperçoit qu'Anna tente de lui communiquer des
informations importantes...
Croisement entre "Ghost" qui
aurait abandonné tout humour, "Dead
Zone" et les plus récents "Apparitions"
ou encore "The eye", ce film
se veut sérieux, raisonnable et anti spectaculaire. Pendant la longue
période d'exposition, il ne se passe pas grand chose. Tout au moins,
qui soit en relation directe avec le sujet de la communication entre
plans séparés. On observe le malheureux Jonathan (qui n'a pas l'air, à
vrai dire, terriblement affecté !), passant jours, nuits, devant ses
écrans de télévision, attendant que s'imprime un visage ou un son
perceptible et signifiant. Et reconnaissons au moins que le
peu qui apparaît ne fait pas dans le fantastique de bazar. C'est du
brouillard brouillasseux qui fleure bon l'authenticité. Le scénariste
fait alors intervenir la mort de Raymond, sans doute pour cause de
réveil du spectateur, car ce noeud dramatique ne semble pas franchement
indispensable au déroulement de l'histoire. Ensuite, les événements se
précipitent quelque peu, réservant, grâce à un montage efficace et à
des jaillissements sonores imprévus, quelques montées d'adrénaline. On
quitte alors l'aspect statique, quasi documentaire, de la première
partie, pour aborder, de biais, une vague intrigue policière. Le
réalisateur (grand amateur de prises de vue en plongée), nous gratifie
d'un final peu orthodoxe, assez imprévu, malheureusement entaché de
fantômes agressifs dont on se serait bien passés.
Il est tout à fait intéressant de voir des oeuvres qui abordent des
domaines souvent rejetés arbitrairement par la prétendue logique
cartésienne. Nous ne savons quasiment rien des mondes qui coexistent
avec celui dans lequel nous vivons, et il est probable que le
développement de techniques nouvelles permettra, dans les décennies ou
siècles à venir, de vérifier scientifiquement, ce que des milliers de
médiums ont affirmé à travers les âges : à savoir que la communication
est possible avec les plans de manifestation qui vibrent à une
fréquence pour le moment non perceptible par nos sens ou nos
instruments. Cela dit, ce n'est pas encore cette oeuvre,
particulièrement froide et globalement impersonnelle, dépourvue de la
poésie qui nimbait "Apparitions",
qui sera susceptible de préparer notre esprit à cette incroyable
réalité...