Quelques signes, que
l'observateur peu attentif aurait jugés anodins, laissent à penser que
quelque chose de pas catholique se prépare dans le sous-sol de la
"Ville des Anges". Heureusement, Mike Roark (Tommy Lee Jones),
responsable au Centre de Prévention des risques naturels, n'est
pas manchot côté réflexion et intuition. Surtout lorsqu'il
est secondé par une géologue charmante, Amy Barnes (Anne Heche).
Lorsque des explosions et des coulées de lave commencent à se
manifester, il ne reste plus qu'à trouver une parade...
Si "Le pic de Dante", sorti presque en même
temps, jouait la carte du bucolique, prenait comme épicentre
événementiel une charmante petite ville du fin fond campagnard, et
pouvait presque simuler un documentaire romancé, Mick Jackson frappe,
lui, un grand coup d'emblée. Le drame ne se passe pas dans un endroit
perdu qui, à la limite, n'intéresse que les touristes, mais au coeur
même de l'une des trois cités symboles de la puissance et de la culture
américaines : Los Angeles ! C'est quand même plus sérieux !
Dès l'ouverture, c'est une débauche de personnages, d'instants
photogéniques, de micro-séquences montées à la manière d'un clip,
d'agitations tous azimuts, bref, on entre de plein pied dans le vacarme
orageux de la mégapole. Une fois le décor planté, sommairement, entrent
véritablement en scène les deux personnages-clés de l'histoire. Lui,
c'est le dur à cuire, visage buriné et autorité martienne. Elle, c'est
la blonde intelligente (oui, oui, ça existe, la preuve !), craquante à
souhait, qui n'hésite pas à monter au front (en l'occurrence, il s'agit
plutôt de descendre dans les profondeurs...). Autour de ce noyau,
gravitent quelques figures plus ou moins touchantes, plus ou moins
caricaturales : Kelly (Gaby Hoffmann), la fille de Roark
(divorcé, bien sûr !) ; Jaye Calder (Jacqueline Kim), un charmant
médecin ; Stan Olber (John Carroll Lynch), responsable du métro, qui
passe du stade de dirigeant borné à celui de héros ; le flic raciste ;
le noir rebelle... Tout compte fait, la leçon donnée par les films
catastrophe est toujours la même : une petite apocalypse de temps en
temps permet à l'homme de trouver sa vérité intérieure et rend tous les
êtres égaux devant le danger.
Mais
ne crée pas "Le jour d'après" ou "La tour infernale", qui
veut. Dans le cas présent, si le niveau "effets spéciaux" ne manque pas
d'un punch et d'une qualité certains, la subtilité n'est pas vraiment
de mise, et, paradoxalement, Tommy Lee Jones se révèle, à mon sens,
moins crédible que Pierce Brosnan dans "Le
pic de Dante", même s'il ne ménage pas ses efforts pour la
sauvegarde générale. Quant à Anne Heche, délicieuse esthétiquement,
elle n'est pas non plus d'une plausibilité folle en géologue avertie.
Et, question humour, le niveau général s'élève nettement moins haut que
les boulets de lave incandescents !nce bien mince.