Hubert Fiorentini (Jean
Reno) est un commissaire de police qui utilise un peu trop souvent les
poings. Sa dernière victime n'est autre que le fils d'un préfet et la
visite qu'il rend au jeune homme à l'hôpital n'arrange pas vraiment les
choses ! On lui conseille, comme dans 90% des films policiers de
prendre quelques vacances et cette proposition tombe à pic, puisque lui
arrive une sombre nouvelle : la seule femme qui l'a aimé et qui est
repartie depuis 19 ans vivre au Japon vient de mourir, lui léguant une
jeune fille de 20 ans, Yumi (Ryoko Hirosue). Les choses se compliquent
un peu lorsqu'il découvre sur le compte de son ex-compagne 200 millions
de dollars...
Les films calibrés "Besson" se reconnaissent désormais avec une
certaine aisance. Un petit (très petit !) scénario, un rythme vif, des
personnages hauts en couleur, des dialogues simples (très simples !)
pour que les ados illettrés puissent quand même saisir quelque chose,
des acteurs charismatiques, et une musique qui rugit dans les tympans.
Dans le film qui nous occupe présentement, tous les ingrédients
nécessaires et suffisants sont présents. Sur une histoire qui rappelle
beaucoup le sujet des "Anges gardiens", Jean Reno campe son habituel personnage
de gros bras entourant un coeur tendre. Il est bien secondé par une
Japonaise, ado rebelle, tout à fait charmante et pétillante, ainsi que
par son collègue Momo, sympathique abruti, (Michel Muller), improbable
policier installé au pays du soleil levant ! Il y a un mélange d'action
humoristique (Jean Reno dégomme les yakusas à coups de balle de golf
!), de moments intimistes entre père et fille, de scènes relativement
amusantes (le défilé de mode de Yumi, entrecoupé du déballage de
l'arsenal apporté par Momo, ou les courses de Yumi dans un centre
commercial, protégée par son père qui liquide discrètement les yakusas
qui les suivent), de moments de remplissage aussi... La routine, quoi !
Il faut reconnaître que le résultat pourrait être pire, même si le
souvenir de cette aventure disparaît au bout de quelques minutes !
Bernard Sellier