Dans un futur indéterminé, les glaces
des pôles ayant fondu, la mer a recouvré la plus grande partie des
terres. Un survivant (Kevin Costner) parcourt les eaux sur son trimaran.
Il parvient à une ville flottante mais les habitants s'aperçoivent
qu'il s'agit d'un mutant et le condamnent à mort. Heureusement,
l'exécution est interrompue par l'attaque des Smokers qui sont à la
recherche d'une fillette possédant entre les omoplates un tatouage
représentant une carte conduisant à la terre. Le prisonnier parvient
à fuir et emmène sur son embarcation la fillette, Enola (Tina
Majorino) et sa mère, Helen (Jeanne Tripplehorn). Ils sont
poursuivis...
Lorsque l'on émerge de ce "Mad Max" aquatique, une question
primordiale se pose : à quel degré faut-il lire cette... chose ?
Est-ce une fresque apocalyptique inquiétante, une quête mythologique,
ou une vaste compilation de gags à la Monthy Python ? Kevin Costner
arbore un sérieux papal, des pendeloques de chaque côté de la tête,
une queue de cheval, distille son urine pour boire un petit coup d'eau
pure (les temps sont durs !), joue les Tarzan sur son bateau customisé,
tape à coups de pelle sur la tête de celle qui l'a sauvé, et balance
à la mer la petite Enola, parce qu'elle lui parle trop ! Un personnage
délicieux ! Pardon, c'est vrai qu'il s'agit d'un mutant, ça explique
sans doute son mauvais caractère ! Et puis, bien entendu, il
s'amadoue peu à peu pour devenir le meilleur des hommes. Sans compter
qu'il est un concentré détonant d'Indiana Jones et de Rambo ! A côté
nous avons droit à des méchants totalement abrutis, avec, en prime un
artilleur débile de chez taré, affublé d'un masque en forme de groin,
qui tire sur tout ce qui se présente, y compris le bateau de son chef,
l'inénarrable "Deacon" (Dennis Hopper), qui en fait des
tonnes, se pavane coiffé du chapeau napoléonien et fume de belles
cigarettes à bout filtre qui ont dû survivre à des siècles sans
terre...
A part cela le concepteur des décors s'est incontestablement éclaté
en rassemblant toute la ferraille possible. On a droit également,
côté poésie, à la belle vision surréaliste d'une cité engloutie,
à de somptueuses images marines, au mythe d'un paradis perdu, ici
"Dryland", un morceau de terre qui demeurerait émergé.
C'est infantile, parfois d'un ridicule jouissif, quelquefois
débilissime, mais, si l'on est dans un jour favorable à ce genre
d'expérience, c'est gondolant de bout en bout. Etait-ce le but des deux
Kevin ? Rien n'est mois sûr, mais c'est une autre affaire...
L'important est, tout de même, que ne soit pas massacré l'une des
merveilles de la littérature romanesque française, comme ce sera le
cas, quelques années plus tard, pour "La
vengeance de Monte-Cristo"
!