Ben Mitchell (Nathan Phillips), un jeune Australien, entreprend un
voyage touristique en compagnie de deux jeunes Anglaises, Liz Hunter
(Cassandra Magrath) et Kristy Earl (Kestie Morassi). Leur première
étape est le cratère de Wolf Creek, un site au milieu de nulle part,
où est tombée, il y a bien longtemps, une météorite. Mais,
lorsqu'ils veulent repartir, le véhicule refuse de démarrer. Au
cours de la nuit, survient un homme apparemment sympathique, Michael
Taylor (John Jarratt), qui propose de les remorquer jusqu'à son
domicile. Lorsque Liz se réveille au petit matin, elle est
baillonnée et ligotée...
Dans le genre sadiques, dégénérés, et tueurs en série en tous
genres, ce film n'apporte pas grand chose de neuf, par rapport à
nombre de prédécesseurs, par exemple "Détour
mortel" ou "Breakdown".
Le processus est toujours le même : un couple ou quelques jeunes se
fourvoient dans un endroit où ils n'auraient pas dû aller, s'ils
avaient pris la peine de lire attentivement leur horoscope du matin !
Un ou plusieurs ravagés du ciboulot surviennent et... on connaît la
suite, qui ne varie guère.
Dans le cas présent, inspiré paraît-il d'une histoire vraie (je
suppose que le film n'a pas été subventionné par l'Office du
Tourisme australien !), le réalisateur a tout de même l'intelligence
de ne pas sombrer dans l'artificiellement horrible. Dans ce qui
pourrait presque passer pour un reportage (un vrai, rien à voir avec
la plaisanterie bassement manipulatrice du "Projet
Blair Witch" !), il se concentre sur le vraisemblable et
l'essentiel. Cela nous vaut une première partie amplement
développée, où le spectateur peut, à loisir, admirer les étendues
désertiques du pays, les animaux, les couchers de soleil grandioses.
C'est banal, certes, mais conforme à la vérité. Puis, dans un
contraste tétanisant, nous sommes plongés au coeur d'un décor
cauchemardesque de mine abandonnée, et dans la folie meurtrière d'un
personnage apparemment "normal". Tout cela se déroule dans
l'efficacité brute, sans artifices puérils, sans effets
grand-guignolesques, sans monstres mutants difformes issus d'une
explosion atomique. Rien que pour cette tenue narrative assez
exceptionnelle dans le genre, l'oeuvre s'impose comme une réussite
aussi glaçante qu'efficace.