1944 en Pologne. Un enfant se
voit brutalement arraché à sa mère par les Nazis. Période actuelle.
Dans une petite ville du Mississipi, une jeune fille, Marie D'Ancanto
(Anna Paquin), découvre que le simple fait de toucher son petit ami,
met celui-ci en état de coma profond. Elle s'enfuit, fait la
connaissance d'un étrange personnage, Logan-Volverine (Hugh Jackman),
qui survit en combattant. Tous deux sont attaqués par des êtres
surpuissants, aux ordres de Magneto, mais sont sauvés, in extremis, par
un homme et une femme : Scott Summers/Cyclope (James Marsden) et Ororo
Munroe/Tornade (Halle Berry). Ils se retrouvent dans un étrange lieu,
prétendue école pour surdoués, dirigée par le Professeur Charles
Xavier (Patrick Stewart). En fait, l'établissement n'est qu'une
couverture pour un lieu de formation de mutants, aux pouvoirs divers
extrêmement dévastateurs. Tandis que Xavier cherche à intégrer les
mutants dans le monde normal, qui les redoute, son ancien ami, Eric
Lensherr/Magneto (Ian McKellen) ne cherche , lui, que la
confrontation...
Autant préciser tout de suite que les pouvoirs magiques de Harry Potter
et même de ses professeurs, ressemblent à des amusements de
maternelle, à côté de ceux qui investissent "Dents de
sabre" (Tyler Mane), "Mystique" (Rebecca Romijn Stamos),
Cyclope, ou consorts. Il y a effectivement matière à se régaler, pour
un réalisateur contemporain assisté de trucages numériques modernes,
dans cette lutte éternelle du Bien et du Mal. Heureusement, les effets
spéciaux, bien qu'occupant le haut du pavé, n'occultent pas
entièrement l'humanité qui survit en chaque X-Man. Les divers
personnages sont suffisamment vivants et vibrants, pour permettre au
spectateur, même non adepte des jeux video, de prendre un intérêt
certain à la souffrance de ces êtres différents. Le rejet que
génère toute particularité non acceptée par la masse, est toujours
émouvante, que la cause soit psychologique, physique ou... fantastique.
La froideur habituelle d'Anna Paquin trouve ici une justification
logique et s'harmonise parfaitement avec les décors métalliques
futuristes et glacés. Plus simpliste que celui de "Matrix",
le thème de ce premier volet n'est certes pas d'une originalité folle.
Mais il ne fait que préparer peut-être, espérons-le du moins, des
complexifications scénaristiques dans les suites prévues. Bryan Singer
est tout de même le créateur d'un modèle de consctruction élaborée,
à savoir "Usual Suspects"...
Bernard
Sellier