Cette fois-ci, la guerre est
véritablement déclarée entre les Humains et les Mutants. Warren
Worthington (Michael Murphy), directeur d'un laboratoire pharmaceutique,
vient de mettre au point un sérum qui annihile le chromosome X des
Mutants. Eric Lensherr/Magneto (Ian McKellen) réunit ses troupes afin
de détruire définitivement l'île d'Alcatraz, où se trouve le
laboratoire, et de tuer Jimmy (Cameron Bright), l'enfant à partir
duquel a été élaboré le sérum. Charles Xavier (Patrick Stewart)
tente de barrer la route à Eric, mais en vain...
Un premier épisode ("X-Men") riche de
promesses. Une suite ("X 2"), en
forme d'apothéose. Malheureusement, Bryan Singer laisse tomber ses amis
Wolverine (Hugh Jackman) et autres Tornade (Halle Berry) pour se
consacrer à un Superman sur le retour. Est-ce l'effet de cet abandon,
toujours est-il que c'est la débandade, aussi bien dans les rangs des
gentils Mutants (décimés sans états d'âme !), que dans la finesse
scénaristique. Dès les premières séquences de ce (dernier ?) volet,
il est clair que ce sera du lourd, du pachydermique ! Envolées les
subtilités qui transformaient chaque scène en un affrontement
équilibré des pouvoirs physiques et de la ruse intelligente. Evanouies
les émotions qui jaillissaient des élans du coeur et se frayaient un
chemin douloureux à travers les carapaces surhumaines. L'esprit a
définitivement laissé la place à l'hégémonie des effets spéciaux.
Ils sont incontestablement grandioses, avec un summum lors du
déplacement du pont de San Francisco. Mais le fourre-tout qui nous est
servi a beau être merveilleusement clinquant, servi dans des décors
envoûtants, il n'en demeure pas moins d'une primarité et d'une
gratuité assez consternantes. On sent à chaque instant que le
n'importe quoi a présidé la gestation de l'histoire, sacrifiant le
minimum de vraisemblance sur l'autel du Dieu Spectacle. Les personnages
ont perdu toute consistance, certains sont quasiment inutiles (c'est le
cas de Marie/Rogue (Anna Paquin), dont on se demande constamment par
quel miracle elle est encore là), et Jean Grey (Famke Janssen),
pourtant présentée comme pôle majeur, ne fait, en définitive qu'une
figuration avortée. Evidemment, on ne saura jamais ce que Bryan Singer
aurait fait de cet affrontement, mais il y a fort à parier que son
approche aurait enveloppé la narration d'une aura magnétique nettement
plus subtile que celle qui résulte des lancers de camions tous
azimuts...
Bernard
Sellier