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" Z ",        1969,

de : Costa-Gavras,

avec : Jean-Louis Trintignant, Yves Montand, Charles Denner, Bernard Fresson, Marcel Bozzufi, François Périer, Jacques Perrin, Irène Papas, Rénato Salvatori, Pierre Dux, Georges Géret, Julien Guiomar, Jean Bouise, Clotilde Joano, Magali Noel,

Musique : Mikis Theodorakis

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z

 

Les années soixante dans un pays indéterminé (autrment dit, la Grèce). Un député de l'opposition (Yves Montand) doit présider une réunion publique. Quelques heures avant le début, la salle devient indisponible. Les organisateurs, Georges Pirou (Jean Bouise), l'avocat Manuel (Charles Denner), Matt (Bernard Fresson), acceptent de se replier dans une petite salle de quartier, située en étage. Lorsque le député arrive, il est légèrement frappé par des manifestants hostiles. Mais lorsqu'il sort, un coup violent est asséné par le par Vago (Marcel Bozzufi), passager d'un triporteur. Quelques heures plus tard, le député décède. L'enquête est confiée à un jeune juge d'instruction (Jean-Louis Trintignant). Celui-ci ne tarde pas à s'apercevoir que l'"accident" invoqué par le Général de gendarmerie (Pierre Dux), cache sans doute une réalité beaucoup plus gênante...

C'est avec une nostalgie toujours vivace  que l'on se souvient, quarante ans après, de l'émotion qui accueillit la sortie de ce film. La Grèce des "Colonels" était pointée d'un doigt accusateur et le rôle de justicier méthodique et froid allait comme un gant au jeune Trintignant. Mais, malgré la sympathie toujours d'actualité que véhicule le film, les modes, techniques et goûts cinéphiliques ont largement évolué depuis un demi siècle, et l'oeuvre pâtit quelque peu de procédés narratifs auxquels nous ne sommes plus habitués. Le début est très lent, et ce n'est qu'à partir de la mi-parcours, lorsque l'enquête s'installe, que le rythme s'accélère, tout en conservant, malgré tout, des plages sans réelle importance dramatique, qui semblent surtout permettre aux acteurs concernés de produire leur petit "morceau de bravoure". Car, sans atteindre la débauche de "vedettes" du "Jour le plus long", il faut reconnaître que la distribution est pléthorique, comptant un nombre incalculable de "trognes" hautement charismatiques. Cette avalanche, qui a sans doute été un atout lors de la sortie du film, se révèle aujourd'hui un handicap pour l'oeuvre, qui apparaît phagocitée par ces visages dont le spectateur de soixante ans se plaît à attendre l'apparition, alors qu'il aurait été dramatiquement beaucoup plus efficace de choisir des acteurs peu connus pour empêcher la forme et l'habillement de dévorer le fond. Quant à la conduite de l'histoire, quelques réserves peuvent aussi s'élever. Aussi bien les images que les discours prennent une apparence parfois scolaire, souvent didactique, dans l'ensemble privée de spontanéité et de naturel. Il semblerait que, dans leur légitime désir de conspuer le totalitarisme, les abus de pouvoirs, l'intolérance, la corruption, les auteurs aient exagérément "écrit" un scénario béton destiné à soulever les indignations. Même les mouvements de foule donnent l'impression que l'on entend les injonctions de prises de vue : "les flics : on charge", "le triporteur : c'est à vous"...

Saluons tout de même comme il se doit ce drame gorgé de bonne volonté, qui eut le mérite d'ouvrir la route à de nombreuses oeuvres polémiques ("L'aveu", "I comme Icare", Mille milliards de dollars", "JFK"...).

Bernard  Sellier               

 

 

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