Juillet
1969 dans la petite ville de Vallejo, en Californie. La jeune Darlene
Ferrin (Ciara Hughes) et son ami sont les premières victimes d'un tueur
en série qui se fera appeler "Zodiac". Un peu plus tard, près du lac
Napa, c'est un autre couple qui est la cible. Seul Mike Mageau (Jimmy
Simpson) en réchappe. A San Francisco, c'est le tour d'un chauffeur de
taxi... David Toschi (Mark Ruffalo), inspecteur de police, tente de
synthétiser les éléments épars qui conduiront peut-être vers
l'assassin. Mais la tâche est rude, car celui-ci connaît l'art de
manipuler ses pisteurs. Au sein du journal "San Francisco Chronicle",
qui reçoit régulièrement des messages de "Zodiac", un journaliste, Paul
Avery (Robert Downey Jr.) et surtout un jeune dessinateur, Robert
Graysmith (Jake Gyllenhaal) se passionnent pour la découverte du
coupable...
Après "Panic Room", "Fight Club", "The Game", "Seven",
toutes oeuvres profondément originales dans le sujet comme dans la mise
en scène, il est impossible de ne pas être surpris par le classicisme
tranquille de ce récit authentique. Une reconstitution minutieuse des
seventies au cours desquelles se déroule la majeure partie de
l'enquête, mais une absence totale de ces vertiges et orages narratifs
auxquels le réalisateur nous a accoutumés. Cela dit, on comprend, a
posteriori, qu'il ait pu être passionné, à l'image de l'auteur du livre
dont il s'est inspiré (Robert Graysmith), par cette interminable quête
d'un assassin protéiforme qui, durant plus de deux décennies a défié la
logique des enquêteurs californiens. Malgré la mauvaise volonté des
différents corps de police concernés par l'affaire, malgré les
contradictions des experts graphologues, un homme quasiment seul, qui
plus est étranger au monde juridique et policier, s'est investi corps
et biens, au risque de détruire sa vie familiale, dans la quête de
cette ombre aussi insaisissable que mortifère. C'est autour de cet
infatigable pisteur, entouré heureusement de personnalités remarquables
(Mark Ruffalo, intense, Robert Downey Jr., écervelé, fantaisiste,
imbibé d'alcool du matin au soir), que tourne sans cesse cette histoire
dont on connaît d'avance la non clôture, mais qui se révèle pourtant,
mlalgré sa longueur, envoûtante de bout en bout. L'excitation est
radicalement différente de celle que l'on expérimente dans les autres
oeuvres majeures du réalisateur, mais elle est d'une qualité
parfaitement maîtrisée. La sobriété, la modestie remplacent la
manipulation et le sensationnel, et si l'on perd quelque peu en geysers
d'adrénaline, on gagne en intelligence et en retenue.