En
1996, la multinationale "Monsanto",
fabricant d'innombrables produits chimiques (dont le célèbre Round-up)
et fournisseur de variétés transgéniques, commercialise au Canada un
colza transgénique breveté. Les cultivateurs qui l'achètent doivent
s'engager à ne pas réutiliser les graines à la fin de la saison.
Chaque année, le rachat auprès de Monsanto s'impose donc.
Percy Schmeiser, agriculteur dans la province du Saskatchewan, cultivait
un colza naturel depuis de nombreuses années et réutilisait les
semences d'année en année. Mais, une contamination accidentelle ayant
eu lieu entre ses champs et ceux de voisins utilisant le colza
transgénique, Monsanto intente une action en justice contre Schmeiser,
l'accusant d'avoir réutilisé des graines transgéniques brevetées
sans verser de droits à la société ! La simple logique conduit un
esprit sain à penser que l'agriculteur ne peut bien évidemment pas
être tenu pour responsable d'une contamination pollinique contre
laquelle il ne peut rien !
Eh bien la logique a tort, semble-t-il, puisque le tribunal a donné
raison à la multinationale et que Percy Schmeiser a perdu 200 000
dollars ! Et ce n'est que le début, puisque rien ne pouvant être
créé pour empêcher une pollinisation croisée par le vent ou les
insectes, beaucoup d'autres cultivateurs se retrouvent devant le même
drame. Mille agriculteurs du Saskatchewan ont intenté de leur côté un
procès à Monsanto & Bayer afin de demander des indemnités pour la
perte subie par l'impossibilité de fournir du colza biologique ! Qu'en
sera-t-il des jugements ? Il serait passionnant de le savoir !
En ce qui concerne Monsanto et ses ramifications tentaculaires, on peut
lire l'article passionnant (et colérique) de Michel Dogna dans son
livre "Prenez en main votre Santé" (Nouvelle édition
augmentée) à la page 490.
Si les données de cette affaire canadienne sont exactes, on ne peut
qu'être effaré de cette justice du troisième millénaire qui augure
bien mal d'un monde futur de respect de l'homme et de la nature !