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"Déjà
je m'enfuyais de ce monde où je
souffre,
C'est
toi qui me retiens"
Anna
de Noailles
La Muse qui
m'inspire est une bonne fille
Si parfois son
regard de malice pétille
Je ne l'ai jamais
vu par la haine enflammé
Elle ne sait que
plaindre, aimer et consoler.
Elle est venue,
un jour, s'asseoir à mon foyer
Ainsi que le
ferait un hôte familier
Et depuis ce
jour-là je la vois, gaie ou sombre
Me suivre pas à
pas, fidèle comme une ombre.
Quand mon
cœur torturé d'un désespoir farouche
Me faisait
blasphémer ou crier de douleur
Sa main d'un
geste doux faisait taire ma bouche
Et je sentais en
moi s'éteindre la rancœur.
( à
suivre dans les recueils imprimés )
Novembre
1932
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