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Je
t’ai nourrie longtemps au fil de mes orages
Reine
d’absurdité, radieuse et meurtrière
Écumante
folie sous de sombres nuages
Annonciateurs
fervents de la prochaine guerre.
Tu
habitais chez moi, tranquille et pernicieuse
Endormie
quelquefois, telle un monstre tapi
Calculateur
sournois de la seconde heureuse
Qui
te verrait jaillir pour dévorer ma vie.
Ruminant
le passé, ravivant les rancoeurs
Tu
cultivais la peur et son amie la haine
Tu
bâtissais le mur qui enserre le cœur
Et
le mure à jamais dans sa maison de peine.
(
à suivre dans les recueils imprimés... )
Bernard
SELLIER
2003
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