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J'ai vu sur
ton visage un air si soucieux
Que je
sentis en moi naître une grande crainte.
J'ai lu
tant de tristesse au fond de tes grands yeux
Que mon
cœur se serra d'une angoissante étreinte.
Et les yeux
étrangers qui se fixaient sur nous
M'empêchaient
de savoir le sujet de ta peine.
Je voyais
ton regard d'ordinaire si doux
Qui loin de
me chercher ne se fixait qu'à peine
Un instant
sur le mien et partait tristement
Comme pour
s'enfoncer en un lugubre rêve.
Oh ! J'ai
vécu ce soir un pénible moment,
Une heure
de martyre -- cruelle et pourtant brève
Brève
comme le sont nos heures de bonheur.
( à
suivre dans les recueils imprimés )
Avril 1933
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