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Au temps où je souffrais, j'ai chanté ma souffrance
Avec
le vain espoir de rendre par des mots
Cet
abîme profond qu'est la désespérance...
Pour
crier la douleur il n'est que les sanglots !
Je
sais bien que les mots ont trahi ma pensée,
Que
nul n'y trouvera sous leur banalité
L'écho,
même affaibli, de ma peine passée,
Que
de mon désespoir en eux, rien n'est resté.
Mais
qu'importe après tout ? J'ai chanté pour moi seul
Au
cours de longues nuits de veille ou d'insomnie --
Alors
la solitude ainsi qu'un froid linceul
Enveloppait
de toutes parts ma triste vie --
Quand,
aux doux mots d'amour que mon cœur murmurait
La
haine répondait par sa froide insolence
Je
sentais la folie, en moi, qui menaçait --
J'ai
chanté pour ne pas sombrer dans la démence !
( à
suivre dans les recueils imprimés )
Avril
1933
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