Extrait du scénario Dernier regard, Bernard Sellier

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Dernier regard

Nouvelle

Bernard SELLIER


Résumé :

Isabelle boit un dernier verre au bar d'un hôtel de luxe. Au moment où elle entre dans l'ascenseur, un homme la suit. Sans ambages, il lui livre son secret : son amour pour elle est absolu, le coup de foudre soudain. Elle l'écoute et, sans doute subjuguée par sa flamme, accepte qu'il entre dans sa chambre...


Le scénario tiré de cette nouvelle a été adapté en court-métrage par un réalisateur suisse, Philippe CHEVALIER


Cette nouvelle est disponible dans le recueil "Dérives".


Acheter DERIVES

Une heure trente du matin. Le bar de l’hôtel Holiday Inn est presque désert. L’unique serveur nettoie les derniers ustensiles, range quelques bouteilles en bâillant. Une femme jeune, blonde, élégamment vêtue d’une robe rouge, est assise sur l’un des tabourets. Le regard perdu dans l’infini de ses pensées, elle caresse le verre vide de sa main droite. Les effluves mélodiques d’une valse de Strauss baigne le décor feutré.

-- Bonsoir.

Elle descend du tabouret. Adresse un signe de tête mécanique et discret au barman.

-- Bonsoir, Madame. Je vous souhaite une bonne nuit.

-- Merci.

Elle se dirige vers l’ascenseur d’un pas lent. Appuie sur le bouton d’appel. Attend sans manifester d’impatience. Entre dans la cabine. A l’instant où les portes se referment, un homme surgit. Une trentaine d’années, visage finement expressif, de grands yeux couleur lagon. Son bras se glisse dans l’entrebâillement.

-- Je vous demande pardon.

Il écarte les battants, s’installe contre la paroi, à l’opposé de la jeune femme.

-- Quel est votre étage ?

Elle répond d’une voix lasse :

-- Seizième.

Il appuie sur le bouton correspondant. Ses yeux ne quittent pas le visage aux cheveux blonds.

-- Excusez-moi… Madame ! Vous allez sans doute me prendre pour un fou… Et je le suis, véritablement ! De vous ! J’étais assis au bar, à côté du piano… Je crois que vous ne m’avez pas remarqué. Comment vous faire comprendre ce qui s’est passé… Au premier regard, j’ai su d’emblée que vous étiez la femme de ma vie ! C’est incompréhensible…

Elle fixe d’un air étonné cette bouche d’où ont jailli les mots insensés, ces traits qui paraissent transfigurés par une passion solaire, ces mains qui se tordent dans l’attente angoissée d’une rebuffade, d’une insulte. Elle répond d’une voix posée :

-- Vous n’avez pas l’air malade. Je crois aux inspirations soudaines, aux illuminations. Chaque être humain est en quête de l’âme sœur. Même s’il ne la trouve jamais !

L’homme semble respirer pour la première fois depuis qu’il est entré dans l’ascenseur.

-- Vous ne plaisantez pas ? Serait-il possible que vous ressentiez aussi cette harmonie ? Je vous en supplie, ne jouez pas avec mon cœur ! Votre vue l’a bouleversé !

L’ascenseur s’arrête. Les battants s’ouvrent. La jeune femme sort. Il la suit.

-- Vous êtes peut-être fatiguée ? J’ai tant à vous dire, mais pour rien au monde, je ne voudrais vous importuner…

-- J’étais un peu lasse, c’est vrai. Mais depuis quelques instants, je me sens mieux. Les paroles d’amour ont un tel pouvoir…

-- Vous dites vrai, et pourtant, je ne peux pas croire encore à un bonheur aussi grand. Vous voir partager ce que toute autre femme aurait accueilli avec des ricanements… Il est vrai que le hasard n’existe pas. Si mon âme a vibré devant la vôtre avec une telle puissance, c’est qu’elles sont en sympathie totale. Voulez-vous… Non, c’est sans doute trop vous demander…

Pour la première fois, un sourire léger paraît sur le visage de la jeune femme.

-- Dites !

-- Pardonnez-moi… Dans mon délire, j’ai oublié de me présenter. Je m’appelle Renaud Leroy.

-- Isabelle Martin.

-- Isabelle… Accepteriez-vous… que nous parlions. Si vous le souhaitez, nous pouvons descendre au salon. Je ne voudrais pas que vous croyiez…

-- Je n’ai pas peur de vous, si c’est ce que vous supposez. Votre chambre est ici ?

-- Au numéro 1615.

-- Nous sommes presque voisins.

-- Dire que nous aurions pu ne pas nous rencontrer ! Lorsque je suis rentré à l’hôtel, tout à l’heure, je me suis dirigé vers l’ascenseur. Et, brusquement, surgie de je ne sais quel recoin de mon être, une intuition m’a crié : « Non, pas encore ! Un dernier verre… ». Moi qui ne bois jamais ! Je n’ai pas compris ce qui se passait, c’était encore flou. Mais j’ai décidé de suivre cette petite voix douce, persuasive. Je me suis installé dans ce bar presque désert. Je m’ennuyais à mourir puis, soudain, une étoile est entrée, balayant d’un seul coup de ses rayons les ombres pesantes qui m’environnaient. En un éclair, le ciel était devenu limpide, mon avenir brillait comme une rivière de diamants…

-- Vous êtes un poète !

-- Ce n’est pas moi, Isabelle. C’est le Divin qui souffle à travers ma bouche ses effluves d’amour.

à suivre...

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