Extrait du scénario Les 2 vies de Julien Lacombe, Bernard Sellier

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Les 2 vies de Julien Lacombe

Scénario  pour  Long  Métrage  ( Continuité dialoguée )

Bernard  SELLIER

Vous trouverez ci-dessous, un  extrait de la continuité dialoguée.  

Si un producteur bienveillant, un réalisateur inspiré, ou un acteur passionné, recevaient tout à coup l'intuition que ce scénario peut donner naissance au chef -d'oeuvre de la décennie, qu'ils m'envoient d'urgence un e-mail. Je leur ferai parvenir l'intégralité du texte !

Résumé :

JULIEN LACOMBE est promis à un brillant avenir de pianiste. Il vit depuis quelques mois un amour partagé avec sa collègue, AXELLE. Mais un jour, à l'occasion d'une banale séance de cinéma, il découvre l'amour absolu, totalement fou, pour une jeune actrice américaine, SARAH. Incapable de découvrir par lui-même des éléments sur la jeune fille, il contacte un  détective. Celui-ci lui promet la réussite dans ses recherches. Dans les semaines qui suivent, sa vie est bouleversée par divers événements imprévus et, surtout, par la découverte du récit de l'un de ses aïeux, qui a vécu, plusieurs décennies auparavant, une histoire  tragique, étrangement analogue à celle qui se présente devant lui aujourd'hui...

Scénario ( Continuité dialoguée )

 

 

SEQUENCE 1

PARIS . L’INTERIEUR D’UNE SALLE DE CINEMA

INTERIEUR – JOUR :  juin 1992

L’intérieur d’une salle de cinéma. Le film est en cours de projection. La caméra longe latéralement plusieurs rangs de spectateurs épars, sans jamais montrer ce qui se passe sur l’écran. On entend vaguement des dialogues sans grand intérêt, mêlés à des bruits d’action (genre dérapages de véhicules, cris, coups de freins brusques…) La caméra s’arrête sur une rangée, zoome vers le milieu du rang, opère une rotation de 90° sur la gauche et fixe en GP deux jeunes gens d’une vingtaine d’années : AXELLE et JULIEN LACOMBE. Ils sont assis droits, et leur visage n’exprime pas d’émotion particulière. Ils sont attentifs au film, sans plus. Les dialogues du film deviennent nettement audibles sans atteindre un niveau sonore  normal. La caméra est toujours fixée sur les deux personnages.

 

 ( VOIX D’HOMME 1 OFF )

 

Je te le dis, crétin… On a besoin d’elle ! Tu peux pas t’imaginer les capacités qu’elle a, cette gonzesse ! C’est de la dynamite…

 

( VOIX D’HOMME 2 OFF )

 

Nom de Dieu ! C’est vraiment toi qui l’auras voulu ! Si les emmerdes nous tombent dessus, je te jure que tu vas en baver…

 

( VOIX D’HOMME 1 OFF )

 

Cool, mec ! T’as ma parole ! Y’a pas d’embrouille. Elle attend à côté. Elle entre, tu la vois, et j’te parie ma part que tu tombes à genoux !

 

( VOIX D’HOMME 2 OFF )

 

Ouais, c’est ça… Comme une lavette…

 

( VOIX D’HOMME 1 OFF )

 

Entre, Carole…

 

A cet instant, l’expression du visage de Julien, en GP, montre un changement radical. Ses yeux s’écarquillent, sa bouche s’entrouvre, il déglutit difficilement. Axelle se penche alors vers lui, sans se rendre compte de ce qu’il exprime et approche ses lèvres de son oreille, comme si elle murmurait quelque chose..

 

  

SEQUENCE 2

2.1 : BANLIEUE DE CONFLANS . UNE RUE DANS UN QUARTIER PAVILLONNAIRE

EXTERIEUR – JOUR :  juin 1992

 

 

Générique

 

Plan général dans l’axe, d’une rue dans un quartier tranquille de banlieue. C’est le début de l’après-midi. Grand soleil. La rue est déserte. Quelques voitures sont garées le long des propriétés. Uniquement de petites maisons banales, avec jardinet qui se ressemblent plus ou moins. Au loin, apparaît Julien, marchant au milieu de la rue. La caméra va à sa rencontre lentement. On le voit tourner la tête de temps en temps vers son côté gauche. A la fin du générique (une dizaine de planches seulement), la caméra a rejoint Julien (PA). Il se tourne vers une maisonnette délabrée. Le numéro de la maison est à demi caché par des branchages non taillés.

 

( INSERT : NUMERO DE LA MAISON  )

 

 41

 

PE : La grille est rouillée, le muret qui la porte tombe par endroits en ruine.

PR sur Julien qui sort un papier de sa poche et vérifie ce qui y est écrit. Il regarde sa montre, lance des coups d’œil alentour. Personne à l’horizon. Il hésite, s’approche de la petite porte (PE sur maison délabrée, à un étage, volets branlants fermés), se ravise et va s’asseoir sur un banc, de l’autre côté de la rue, presque en face de la maisonnette. Il baisse les yeux, lit les caractères que des gamins ont gravés sur le bois :

 

( INSERT  )

 

GP sur le visage de Julien qui ferme les yeux.

 

 

2.2 : UNE SALLE DU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE

INTERIEUR – JOUR :  automne 1990.

 

Plan court et muet (4 à 5 secondes) : Julien est assis à un piano comme dans la séquence 3.3, lorsque son morceau est fini. Une jeune fille blonde (Sarah), vue de dos,  se penche vers lui et l’embrasse.  

 

 

SEQUENCE 3

3.1 : L’INTERIEUR DE LA MAISON DE CONFLANS

INTERIEUR – JOUR :  le même jour.

 

Un couloir sombre. Un son de cloche retentit. Un personnage (Maxime de la Roche) apparaît de dos, sortant d’une pièce. On le voit peu distinctement. Il se dirige vers la porte d’entrée, vitrée dans sa partie supérieure. Il l’ouvre. Apparaît Julien, mal à l’aise. Le propriétaire lui fait signe d’entrer.

 

MAXIME DE LA ROCHE (d’une voix douce)

 

Monsieur Lacombe, n’est-ce pas ? Julien Lacombe. Entrez, entrez. Modeste demeure, mais bon accueil… Mes yeux sont fatigués et craignent la lumière vive. Je vous montre le chemin…

 

L’homme, que l’on ne voit jamais distinctement précède Julien, qui a fermé la porte et suit timidement. Il entre dans un salon tout aussi peu éclairé que le couloir et s’assied dans un fauteuil que lui indique son hôte. Maxime contourne un vieux bureau couvert de livres et de papiers, s’assied également. Son visage demeure constamment dans l’ombre, tandis qu’un rayon de soleil, s’insinuant entre les branches d’un arbre proche, éclaire périodiquement celui de Julien.

 

JULIEN LACOMBE

 

Bonjour, Monsieur. Vous êtes… Maxime de la Roche ?

 

MAXIME DE LA ROCHE (d’une voix bienveillante et amusée)

 

En effet. Je ne corresponds peut-être pas tout à fait à ce que vous attendiez ?

 

JULIEN LACOMBE

 

Eh bien…

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

Vous pouvez me parler franchement, vous savez ! Je ne m’offusquerai pas. Mon épiderme est devenu résistant aux petites piqûres d’amour-propre…

 

JULIEN LACOMBE

 

C’est vrai !

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

Je conçois votre étonnement. Nous sommes quasiment à la fin du second millénaire, vous faites appel à un détective, et vous vous attendez à le trouver dans un bureau luxueux, entouré de secrétaires affolantes, pianotant sur le dernier modèle d’ordinateur. Je me trompe ?

 

JULIEN LACOMBE  (commence à se détendre)

 

C’est un peu ça…

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

Voulez-vous boire quelque chose ? Vous avez fait une longue marche et le soleil semble bien agressif…

 

JULIEN LACOMBE

 

Comment savez-vous… ?

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

Que vous êtes venu à pied depuis la station de bus, qui se trouve à un kilomètre ? Ce sont mes petits secrets de Sherlock Holmes. Histoire de vous faire voir que vous êtes à la bonne adresse !

 

JULIEN LACOMBE

 

Vous savez autre chose de moi ?

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

Absolument rien. Je vais avoir le plaisir de vous découvrir. Vous ne m’avez toujours pas dit si vous aviez soif ?

 

JULIEN LACOMBE

 

Euh, non merci. Pas pour le moment.

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

Très bien. Alors, parlez-moi de vous… Décrivez-moi ce Julien Lacombe qui vient demander secours à un vieil enquêteur fatigué…

 

Maxime de la Roche se renverse à 45° sur son fauteuil et fixe intensément Julien. PR sur le jeune homme qui commence maladroitement son récit

 

 

JULIEN LACOMBE

 

Voilà… J’ai vingt deux ans. J’ai été conçu, aux dires de ma mère, le 18 Avril 1969, jour de la Saint Parfait. Mon père espérait une fille, paraît-il, pourtant il ne me l’a jamais fait sentir… Mais je ne sais pourquoi je vous parle de ça…

 

La voix de Julien décroît en intensité puis s’estompe.

 

Fondu enchaîné.

 

3.2 : L’INTERIEUR DE LA MAISON DE CONFLANS

INTERIEUR – JOUR :  le même jour.

 

La même pièce, et la même position pour les deux interlocuteurs.

 

JULIEN LACOMBE

 

Je suis désolé… Je voue ennuie avec tous ces détails…

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

Vous ne m’ennuyez pas le moins du monde. Mais pour cerner avec plus de précision la manière dont je peux vous aider, je vais vous poser quelques questions directes. Je vous rassure, vous n’êtes pas obligé d’y répondre.

 

JULIEN LACOMBE

 

Je ne suis pas inquiet.

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

C’est vrai, je vois que votre tension de tout à l’heure s’est envolée. Tant mieux. Voyons… Que s’est-il passé lorsque vous aviez cinq ans ?

 

JULIEN LACOMBE (stupéfait)

 

A cinq ans ?

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

Oui, je pense que ça devait être vers cet âge-là…

 

JULIEN LACOMBE

 

Mais… je ne me souviens pas !

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

Pourtant, cet événement a dû vous marquer. Attendez… il me semble que vous deviez être au milieu d’animaux…

 

JULIEN LACOMBE (manifeste une certaine agitation)

 

Ah, oui, cette histoire du zoo…

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

Vous voyez que je ne suis pas complètement gâteux !

 

JULIEN LACOMBE (la vois un peu tremblante)

 

Mais… comment savez-vous ?

 

MAXIME DE LA ROCHE (avec un petit rire)

 

Justement, c’est parce que je ne sais pas que je vous demande ce qui s’est passé.

 

JULIEN LACOMBE

 

Eh bien, j’étais avec mes parents. Nous avons croisé un couple et leur petite fille, qui devait avoir un an ou deux de plus que moi. Elle était très jolie et il paraît que j’ai tiré le bras de ma mère pour la lui faire voir. Nous les avons perdus, puis retrouvés une heure plus tard, à la buvette. Mes parents ont discuté avec les siens. Ils semblaient sympathiser. J’ai soudain agrippé la manche de ma mère et je lui ai dit : « pourquoi la petite fille est malade ? ». Elle a paru très surprise, mécontente, craignant que ma phrase ait été entendue. Bien des années plus tard, j’ai appris que la fillette avait une leucémie et était morte quelques mois plus tard…

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

Hum, hum… Très intéressant…

JULIEN LACOMBE

 

Mais, je ne vois pas le rapport…

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

Avec ce que vous venez me demander ? Qui sait ? Croyez-vous que tous les événements qui parsèment notre vie soient indépendants les uns des autres ? Qu’ils soient piquetés au hasard sur la trame de notre destin par un Dieu sadique et barbu ?

 

JULIEN LACOMBE

 

Je n’en sais rien.

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

C’est normal, vous êtes jeune, vous découvrez le monde, vous tissez vos premières toiles… Quand vous aurez mon âge, votre  vue survolera tout le puzzle et votre compréhension changera. Mais je ne vais pas vous saouler avec mes radotages. Parlez-moi du but de votre venue !

 

JULIEN LACOMBE (s’agite sur son siège)

 

C’est… tellement étrange !

 

MAXIME DE LA ROCHE

 

Rassurez-vous, je suis habitué. La vie est une perpétuelle excentricité…

 

JULIEN LACOMBE

 

J’ai rencontré Axelle il y a deux ans. Disons plutôt que c’est elle qui est venue vers moi. Je la connaissais de vue, mais je ne lui avais jamais beaucoup parlé. J’étais assis en train  de travailler, lorsqu’elle s’est approchée sans que je l’entende…

 

 

3.3 : UNE SALLE DU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE

INTERIEUR – JOUR :  automne 1990.

 

Musique :              suite du Prélude N° 4 op. 23  de Rachmaninov  (5’ à 5’30)

 

PE. Julien est assis au piano. Il est en cours d’interprétation du Prélude de Rachmaninov. La porte de la salle s’ouvre sans bruit et Axelle, une jolie jeune fille brune d’une vingtaine d’années, entre sans bruit. Elle s’approche de Julien et demeure derrière lui, silencieuse. Il a senti sa présence, donné un rapide coup d’œil vers elle, mais ne s’interrompt pas. Lorsque la pièce est finie, il laisse tomber les bras sur ses genoux, la regarde, et semble gêné de l’admiration qu’il lit dans ses yeux. Elle se penche vers lui comme au ralenti et lui murmure de façon distincte :

 

AXELLE

 

J’ai envie d’amour avec toi !

 

Julien ne peut cacher son étonnement. Il s’apprête à répondre, mais elle pose délicatement un doigt sur sa bouche, se penche vers lui et caresse de ses lèvres celles du jeune homme.

à suivre...     

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