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A
Erwan, où que tu sois, pourvu que tu y aies trouvé la paix
Si
seul dans ses rêves perdus
A
vingt-huit ans il n’avait plus
Aucun
espoir aucune vue
Sur
l’avenir aucun désir
Il
ne voyait plus que le pire
A
vingt-huit ans il s’est pendu
Si
seul dans ses rêves perdus
Quel
grand mal-être quel grand malheur
Que
de tristesse et que d’horreur
Comment
peut-on perdre l’espoir
Comment
peut-on ne plus y croire
Ne
plus aimer ne plus vouloir
A
vingt-huit ans un triste soir
J’ai
pleuré pleuré sans comprendre
Qu’on
puisse un jour vouloir se pendre
Je
te connaissais pourtant peu
Mais
j’t’ai vu enfant et joyeux
Tu
m’as mêm’ donné un baiser
Quand
à dix ans on découvrait
La
joie de pouvoir embrasser
Tout
en jouant des lèvres d’homme
Et
de les mordr’ comme une pomme
C’était
pas d’l’amour ça c’est sûr
Mais
dans ce jeu tu m’as transmis
Un
peu d’ton souffle un peu d’ta vie
Et
c’est un souvenir qui dure
Pourquoi
si jeune pourquoi comm’ ça
Je
n’comprends pas je ne sais pas
Pourquoi
moi j’ai eu cette chance
De
mettre un’ fin à mes errances
Sans
me passer la corde au cou
C’est
insensé c’est vraiment fou
Pourquoi
pas lui pourquoi pas lui
C’est
trop injuste c’est ça la vie ??!!
Quelle
impuissance quel désespoir
De
rester là sans rien pouvoir
Quelle
souffranc’ pour ses parents
Pour
ses deux sœurs qui maintenant
Vont
devoir accepter le vide
Le
manqu’ le silence et l’angoisse
D’admettre
qu’il n’ait trouvé sa place
Que
dans la mort par le suicide
Hélène
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