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Ces
fleurs multicolores
-Accusée
levez-vous !
Vous
êtes coupable…
-Mais
coupable de quoi ?
Je
n’comprends vraiment pas !
-Coupable
d’avoir dansé nue
Et
SURTOUT d’avoir aimé ça !
Coupable
d’avoir trop vibré
En
respirant l’herbe des prés
Coupabl’
d’être restée au lit
Quand
tous les autres sont partis
Coupable
d’avoir mis les doigts
Dans
la confitur’ fruits des bois
-Mais…
-Coupabl’
d’avoir osé dir’ mais
Alors
qu’on ne dit jamais mais
A
ceux qui vous dictent les lois
Coupabl’
d’avoir versé un’ larme
A
la vue de cet enfant-arme
Qui
pourtant servait sa patrie
Et
était fier de son habit
Coupable
de trop rêvasser
Alors
que le temps est compté
Accusée
Vous
êtes mill’ fois coupable
Et
d’autres crim’s sont inavouables
Car
ils pourraient désarçonner
Notre
bon peuple si bien dressé
Allez-y
mes chers frères
Crachez
tous vos viscères
Et
vos langues de vipères
Aiguisées
et amères
-Qu’on
lui tranche la tête !
Qu’on
lui tranche le cou !
Qu’on
la lacère !
Qu’on
la lapide !
Qu’on
l’écartèle !
Qu’on
l’écart’ d’elle !
-Arrièr’
serpents
Ecartez
vous de moi
Ecartez
moi de vous
Mais
sûrement pas de moi !
Je
suis Gaia
La
grand’ la belle
Celle
qui vit qui ensorcelle
Celle
qui rit qui étincelle
Je
suis bien trop puissante
Pour
avoir peur de vous
Ma
poitrine est glissante
Et
mon corps bien trop mou
Pour
que vous arriviez
A
me le dépecer
Vos
haleines sont fétides
Et
vos regards putrides
Rampez
dans l’ombre immonde
Et
quittez donc ce monde
Qui
n’attend rien de vous
Qui
n’aime que les fous
Capables
de chanter
De
rire et de jouer
De
parler aux oiseaux
Et
d’inventer des mots
Qui
n’existent null’ part
Surtout
pas dans vos tares
Dans
vos esprits étroits
Et
vos cœurs bien trop froids
Laissez-nous
notre Terre
Et
nos amours sincères
Laissez-nous
nos enfants
Et
leurs jeux innocents
Ne
revenez jamais
Et
laissez moi dir’ mais
Mon
volcan est profond
Et
ma colèr’ sans fond
Ne
pourra s’apaiser
Que
quand vous cesserez
De
nous dicter des lois
Qui
bafouent notre foi
Qui
répriment la vie
Et
castrent nos envies
Venez-là mes
enfants
Au
cœur de l’océan
Ne
laissons pas ces êtres
Grossir
et se repaître
Cultivons
nos élans
De
vie en attendant
De
pouvoir faire éclore
Ces
fleurs multicolores
Et
de les parsemer
Aux
quatre coins des vents
En
espérant semer
Un
vert pur émouvant
Qui
donnera un sens
A
cette antique alliance
Et
illuminera
D’un
immens’ feu de joie
Nos
regards enflammés
Et
nos cœurs éveillés
Hélène
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