Extrait de la Nouvelle Premier contrat, Bernard Sellier

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Premier  Contrat

Nouvelle


Bernard  SELLIER


Résumé :

Laurent attend dans un minable café de la banlieue parisienne. L'homme avec lequel il a rendez-vous ne tarde pas à arriver. Porteur de trois nouvelles : Laurent est accepté par l'employeur ; une moitié de l'argent est là ; mais, ce qui est moins enthousiasmant, la mission n'est pas celle que le jeune homme attendait...


Cette nouvelle est disponible dans le recueil "Dérives".


Acheter DERIVES

 

Depuis dix minutes, quelques flocons voltigent au gré de la bise du nord, et se liquéfient en touchant terre. Si le thermomètre descend de trois ou quatre degrés la nuit prochaine, c’est le manteau de neige assuré pour demain matin.

Assis sur une des vieilles banquettes du bistrot, dans le recoin le plus obscur, Laurent fixe, à travers les vitres sales, les flaques d’eau qui s’étendent inexorablement, le regard perdu dans une rêverie sombre qui plisse son jeune front. Ses doigts fins caressent machinalement la tasse de café vide.

   Horreur du froid, de l’hiver, de la grisaille dans la ville et dans sa vie, de ce bistrot pouilleux, aux comptoirs usés par les milliers de bras crasseux qui s’y sont affalés. Un patron fatigué, à l’image de son troquet, arpente le parquet vermoulu d’un pas lent, lourd et résigné…

Pourquoi diable avoir choisi ce recoin de cauchemar comme lieu de rendez-vous ? La réponse est évidente : discrétion ! Mais est-elle logique ? Laurent n’a pas osé aborder ce sujet la veille, lors de la première rencontre. Ou peut-être n’y a-t-il pas pensé. Qu’importe ? Dans vingt-quatre heures, si tout se déroule comme prévu, ses yeux se perdront dans le bleu profond de la Méditerranée. Sur les plages de sable doux qui chantent la fête, les vacances et la liberté. Loin de ces taudis minables de banlieue parisienne qui empestent les ordures, la crasse et la misère.

Il est indispensable que tout se passe bien ! Il frissonne en voyant surgir devant ses yeux l’image du messager, rencontré pour la première fois, hier, à la même heure. Un visage glacial, hideux, qui semblait appartenir à une race inconnue, quasiment extra-terrestre. Il était soudain là, planté face au jeune homme, sans qu’un bruit ait trahi son approche. Quelle angoisse…

Pourvu qu’aujourd’hui ce soit quelqu’un d’autre ! Les yeux de Laurent quittent brusquement la rue et sa rêverie, pour scruter l’obscurité de la salle. Un soupire de soulagement s’échappe. Pas encore de vision cauchemardesque. Les mêmes consommateurs qui occupaient l’espace à son arrivée. Trois vieux habitués, juchés sur des tabourets branlants, échangent de vagues considérations sur le monde. Là-bas, à l’autre extrémité, un couple d’amoureux qui se dévorent de la bouche et du regard.

Il est quinze heures trente.

Un peu tôt pour la sortie du travail. Car il ne fait guère de doute que bientôt, malgré son atmosphère funèbre, la salle s’emplira des ouvriers de l’usine avoisinante. Ils viendront en cohorte moutonnante siroter l’apéritif du soir pour retarder le plus possible le retour au foyer. La confrontation avec le visage revêche, blafard, de l’épouse, de la maîtresse. Avec le piaillement des enfants. Quelle vie ! D’ailleurs, comment peut-on appeler vie cette galère qui se traîne entre détresse et taudis ? Plus jamais ça ! Ces années noires et cafardeuses dans le deux pièces de vingt-cinq mètres carrés que sa mère, séparée de son salaud de mari, louait à un vieux sadique. Un plafond troué, deux fenêtres se déversant sur une cour d’immeuble emplie de détritus. Et un repas de temps en temps, lorsque quelques billets avaient fait une apparition furtive. Non, plus jamais !

Laurent s’est fait cette promesse solennelle voilà deux ans, le jour de son vingt et unième anniversaire. Le soir qui a vu le départ définitif de Saint-Fons, cette cité lugubre aux portes de Lyon, qui exhale ses émanations chimiques et pharmaceutiques.

Rien de très reluisant pendant ces vingt-quatre mois de fuite. Un peu d’argent, tout de même, mis précieusement de côté, semaine après semaine. Pas question de quémander quoi que ce soit à sa mère. Et encore moins à cette ordure de père, que, pour rien au monde, il ne voudrait côtoyer !

Quelques connaissances rencontrées au fil des mois, des petits boulots. Utiles, à condition que la conscience accepte de fermer les yeux sur certains domaines qui la font d’ordinaire trop violemment réagir.

Et puis cette offre mirobolante, tombée du ciel comme par miracle. Un engagement mystérieux, sans doute peu en accord avec la morale, mais grassement rétribué. Tout au moins, c’est ce que lui avait laissé entendre son ami Lionel, qui avait eu la bonté de l’aiguiller vers ce nouvel « emploi ». Lionel était le seul être auquel il était possible de donner sa confiance.

 

à suivre...     

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