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Retour au Recueil "Arpenteurs de Vie"

Vie  de  Bouffon

XXXXXXXXXXXX

C'est quoi, c'putain d'tunnel zarbi ?

J'ai pas l'temps d'jouer aux devinettes !

Marr' des flicards, marr' de la vie,

On est vraiment qu'des marionnettes !

   

C'genre de conneries, ça me branch' pas !

Si j'ai plus d'une plomb' de retard,

Ma gonzess' va m'fair' la samba,

Et me gonfler jusqu'au plumard !

   

C'est pour sûr la plus chouett' des meufs,

Du répondant sur pile et face,

Dix-huit printemps, bientôt dix-neuf,

Pas empotée côté salace...

   
Pourquoi m’est v’ nue l’idée malade

De sniffer cett’  merde à deux balles,

Qui m’a foutu la tronch’  en rade,

Dans un ram-dam de coups d’ cymbales ?

 

J’ai vu des tas d’ mecs rigolos,

Avec des gueul’s de zombies trash,

Des nanas qu’étaient p’têtr’ travelos…

C’était bien plus fort que le hasch !

 

Mais quand j’ai r’ pris la gross’ bécane,

Chourée hier soir sur le boul’vard,

Y’avait du flou autour d’ mon crâne,

Et je m’ baladais dans l’ coltard…

 

Je m’ souviens tout d’ mêm’ que la route,

Paraissait plus larg’ que la veille.

C’est c’ qui m’ semblait, mais j’ai eu l’ doute,

En recevant le coup de soleil !

 

Un sacré rayon d’ luminaire,

Qui m’a foutu les yeux en ruine,

Et puis ce bordel du tonnerre,

Quand je m’ suis payé la vitrine !

 

Après, c’est le calme peinard,

J’ai rien d’ cassé, c’est vraiment cool !

Sans êtr’ cocu, j’ suis un veinard.

J’ me tire avant qu’ les flics déboulent !

 

C’ tunnel de merde s’est barré.

Quel pied de retrouver l’ grand air !

Nom de Dieu, j’ me sens tout léger,

Comm’ jadis, en sniffant l’éther !

 

Y’a les curieux qui s’agglutinent,

Il est temps que j’ me cass’ vit’ fait !

Dommage, elle me branch’ la gamine,

                                                              Qui me looke avec intérêt !

XXXXXXXXXXXXX

Mais… C’est quoi ce nouveau délire ?

Comme une ombre, elle m’a traversé !

Pourquoi tout l’ monde me laiss’ partir,

Sans m’ demander si j’ suis blessé ?

 

Qu’est-ce qui les attir’ comm’ des mouches,

Vers ce local désintégré ?

Y’a quand mêm’ quelque chos’ de louche,

Que j’ai pas encor’ bien capté !

 

Ils sont tous penchés vers la terre,

Vers un tas noir et dégueulasse,

Dont la vision me désespère :

Ce qui reste de ma carcasse !

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

J’ voudrais pleurer et j’ai plus rien,

Qui serve à fair’ couler mes larmes !

J’voudrais crier qu’ la terr’ c’est bien,

Que j’ laiss’ tomber la haine, les armes !

 

J’ voudrais changer tout c’ que j’étais.

Papa, maman, j’ vous d’mande pardon.

Jamais je l’ai vraiment pensé,

Quand j’ répétais : vous êtes des cons !

 

Toi qui as décidé tout ça,

J’ te jur’ que j’ai maint’nant compris !

Y’aura plus jamais d’ guérilla,

D’invectives et d’hystérie !

 

S’il te plaît, donne-moi ma chance.

Je veux repartir à zéro !

Plus de folies, de délinquance,

De soûleries dans les bistrots.

 

J’ai peur de m’ retrouver tout seul

Dans le mond’ que je m’ suis créé !

De m’étouffer dans le linceul,

De ma violence forcenée.

 

Si t'es d'accord pour que j' revienne,

Auprès de ceux qui m’aimaient tant,

Je n’ souffrirai plus d’ la gangrène,

Qui dévorait mon cœur d’enfant.

 

Je dormirai dans ta lumière,

Jamais plus je me mentirai.

C’est à forc’ de conn’ries qu’on perd,

Le chemin du beau et du vrai.

 

 Si tu m’accordes le retour,

Je te promets de tout mon cœur,

Que j’accepterai leur amour,

Et la grâce de ton bonheur…

                                                                                                 Bernard  SELLIER       07/2004

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