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Je suis l'ordinateur de ton
ordre profond
Je
suis le transistor de tes transits funèbres Quand
je passe on dirait que tu viens des ténèbres Et
que de mon soleil tu tires ta raison Quand
tu chantes c'est moi qui fabrique ton chant Quand
tu pleures c'est moi qu'analysent tes larmes Quand
tu marches c'est moi qui craque sous ton charme Quand
tu ris c'est par moi que le rire te prend C'est
fantastique, non ? c'est fantastique... Je
suis le jardinier de tes verts paradis Je
suis le grammairien de tes mots de tendresse Quand
tu dis que tu m'aimes on dirait que tu laisses Au
cul de ma comèt' les cheveux de ta nuit Je
suis l'équation triste au bras d'une inconnue Quand
tu me mens c'est moi qui mens dans ton sillage Quand
tu meurs c'est par moi que tu tournes la page Et
puis que tu renais comme un sphinx dans ma rue C'est
fantastique, non ? c'est fantastique... Je
suis l'orgue qui joue quand tu vas t'éclater Le
marchand de ton sable où la mer te recouvre Quand
ta porte se ferme tu cries que je la rouvre Et
la mer nous reprend au bout de la marée Quand
tu te noies c'est moi qui deviens le noyé Quand
tu coules par moi je suis le capitaine Et
quand je coule en toi tu hisses la misaine De
ce voilier perdu chaque fois retrouvé C'est
fantastique, non ? c'est fantastique... Je
suis la fin de tout dans ton commencement La
source de ta joie, le terme de tes peines Le
fleuve qui te draine au-delà de toi-même La
noirceur de ton lys la pâleur de ton sang Les
ailes de l'archange au milieu des pavés La
rue qui se lamente au pied de nos victoires Le
sentiment barré au milieu de la gloire Et
ce bon sens commun qu'on ne sait plus nommer C'est
dérisoire, non ? c'est dérisoire... Je
suis l'ordinateur de ton ordre profond Je
suis le jardinier de tes verts paradis Je
suis l'orgue qui joue quand tu vas t'éclater Je
suis la fin de tout dans ton commencement Les
ailes de l'archange au milieu des pavés La
rue qui se lamente au pied de nos victoires Le
sentiment barré au milieu de la gloire Et
ce bon sens commun qu'on ne sait plus nommer C'est
fantastique, va, c'est fantastique... |